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Carnets de voyage autour du globe

Chili, Part II

J’aurais bien commencé par un « bonne année », mais il se trouve que cet épisode n°2 commence en 2017. Il faudra donc attendre le réveillon du 31 (paragraphe 5) pour obtenir des voeux sincères. Ça peut être utile si vous avez la flemme de lire. Ça l’est moins si vous avez envie du voir du pays ;).

Pour rappel : previously on Dessinatologue, le Chili part I : une session d’autostop, des heures de route sur la Carretera Austral, des lacs d’un bleu surnaturel, une île pluvieuse mais colorée et une morsure de chien. Rattrapage : ici.

Quand à la suite, la voici :

Région des lacs et des volcans, bonjour

Tout est paisible et tranquille dans cette région au nord de Chiloé. Effet papillon : les prochaines lignes le seront aussi (je crois que les Dieux se sont mis d’accord pour m’épargner de nouvelles péripéties, au moins le temps d’arriver en 2018).

Comme l’indique le titre ci-dessus, dans ce coin du pays (nord de la Patagonie chilienne)(si vous ne situez pas géographiquement parlant, voici une carte, ça peut aider), toutes les activités concernent soit les lacs (kayak, paddle, bateau…) soit les volcans (ascension avec vue très méritante).
Comme j’ai vu quelques lacs jusqu’ici, que le Chili compte quelques 2085 volcans (dont 500 actifs)(en gros, si je m’attaque aux volcans, on n’en a pas fini), que la région coûte cher (pour être plus directe, je découvre ici que le Chili est en réalité LE pays le plus cher d’Amérique latine) et que je compte voyager encore quelques mois (rentrer travailler : pour quoi faire ? Ne répondez pas, c’est une fausse question), je me rabats sur l’activité la moins onéreuse : la marche à pied (le pied, non ? Ok, non).

  • À Frutillar (mini Allemagne avec d’immenses chalets fleuris), ce sport me conduit à me balader autour du lac Llanquihue et à récupérer les calories fraîchement brûlées à base de chocolats pralinés et de Kuchen, délicieux gâteau allemand (il faut bien compenser l’absence de calendrier de l’Avent).

Le lac (et son ponton)

Les maisons (bon, une à titre d’exemple). Quand je vous dis qu’on est en Allemagne.

  • Au bord du même lac, à Puerto Varas, surnommée la ville des roses (devinez pourquoi), le programme sera similaire. Sauf qu’il pleut des cordes et que le volcan Osorno se cache derrière les nuages. Plutôt que de prier le dieu Soleil (la dernière fois, ça n’a pas marché), je pars vers le nord plus tôt que prévu (ça devient une habitude).
  • Banco, le lendemain, à Pucòn, le beau temps est au rendez-vous. Au menu : trecking (sans surprise).
    Mention spéciale pour le treck du Cañi : 3h de montée sévère pour arriver à un sommet avec vue à 360° sur 4 volcans (dont le Villarica qui fume à plein nez), de jolies lagunes et des montagnes de Pewens (sorte d’arbre cactus sublime également appelé Araucaria)(monsieur existait déjà au temps des dinosaures, il y a plus de 200 millions d’années, il est donc protégé)(rien à voir, mais il est aussi très photogénique, démo en images) :

Admirez le temps que vous voudrez, il faut juste redescendre 3h avant la tombée de la nuit. C’est mieux pour faire du stop à 3 (dimanche + élection présidentielle = pas de transport public)(3 personnes à prendre en stop + vous, ça fait 4, ou plus, ça dépend combien vous êtes = longue attente).

Les jours qui suivent incluent trecking (et oui) et eaux thermales (la récompense). Pour le bien-être de mon portefeuille, je passe à côté de deux best-of : les termes de luxe (las Geometricas) qui font l’unanimité, et l’ascension du volcan Villarica (la descente se fait en luge, d’où le succès).
À la place, j’enchaîne les rencontres (on fait comme on peut).

  • La plus inspirante : une Française qui a voyagé pendant des années en tant que journaliste photographe, convertie en prof de yoga et guide spécial baleines à Thaïti. #youcanbewhatyouwanttobe. En finissant le treck en sa compagnie, l’autre Français du trio et moi-même décidons de nous mettre au yoga le lendemain sur le champ (plus simple que de devenir guide pour baleine). Bon, finalement, on ne l’a pas fait. En contrepartie, on ira voir notre expat’ à Thaïti (elle, l’île et les baleines, ça ne sera pas plus mal).
  • La plus enrichissante : trois Chiliens au top qui m’adoptent le temps d’un autre treck (parc national Huerquehue), me pausent mille questions sur la vie en Europe et sur le pourquoi du comment je suis ici. Et inversement. Pas de doute, les rencontres les plus intéressantes concernent les habitants du pays qu’on essaie d’apprivoiser. Sans eux, ils manqueraient de nombreuses pièces au puzzle.

  • La plus improbable : un Brésilien avec qui l’échange se fait en espagnol/portugais sans problème (ok, presque). Vue de l’extérieur, ce doit être assez drôle. Mais personne n’est là pour le constater.
  • La plus arrosée : un Irlandais qui s’est cassé la jambe juste avant de prendre l’avion mais qui est parti quand même (le voyage avant tout) et qui, du coup, travaille au bar (en attendant, il voyage à travers les rencontres.. et la bière ;).
  • La plus consternante : une jolie Péruvienne de 33 ans qui voyage avec un homme qu’elle trouve extrêmement ennuyeux juste pour être accompagnée. Triste, non ? (Désolée de casser l’ambiance). Ceci dit, l’étonnement a l’air réciproque.
  • Les plus nombreuses : plusieurs autres voyageurs qui, comme moi, font un tour d’Amérique du sud. Étonnant comme ce choix paraît fou quand on est dans un quotidien de vie « normale » et comme il devient banal quand on est dans un quotidien d’auberges de jeunesse. Comme quoi. Tout est question de point de vue. Et si la vie normale était celle-ci ? Attention, ceci est un aparté « Inception ». Attendons de voir de quel côté la toupie s’arrête…

Bref. Je sens que ces journées paisibles commencent à vous paraître longues. Pour changer d’air (l’air frais à l’air de vous ennuyer), je propose que l’on aiĺle faire un coucou à la capitale.

4 jours à Santiago

On m’a parlé de Santiago comme une ville immense, bruyante et polluée. À force d’avis négatifs, je m’attends à détester. Oui c’est immense. Oui, c’est bruyant. Oui, c’est pollué. Mais… j’adore.

Il fait beau, il fait chaud et il y a des palmiers. On sent l’été (ALLELUIA – triple salto arrière de joie – c’est plus facile à écrire qu’à faire, j’en profite), l’énergie qui se dégage des grandes villes (citadin un jour…), c’est vivant, on trouve de l’art sous toutes ses formes, les musées sont gratuits, les montagnes s’invitent en ville, les quartiers du centre sont colorés, mon hostel inclut le petit-dej ET le dîner (une première), je redécouvre la joie du shopping (pas si positif ceci dit) et on perçoit (enfin) un peu de la magie de Noël (je crois qu’en Patagonie – argentine et chilienne, Noël n’existe pas).

Côté coups de coeur, nous avons :

  1. La maison du poète Pablo Neruda. Déstructurée, colorée, décalée, remplie d’objets chinés et avec vue sur la montagne. Celui qui disait entre autres : « je veux faire avec toi ce que le printemps fait aux cerisiers » (il fallait que je le place, c’est si joliment dit), était un vrai personnage, un bon vivant, un voyageur et un farceur (dans sa maison de Valparaiso, avec vue sur la ville, il disait à ses amis qu’une femme nue prenait un bain de soleil tous les jours, deux pâtés de maisons plus bas. Les pauvres intéressés passaient des heures à la chercher).
  2. Le Parquemet, série de monts au milieu de la ville dominé par el San Critobal. Les citadins y font du vélo, du treck et vont se baigner. Je vous laisse deviner l’activité que j’y ai pratiquée. Fastoche.
  3. Le quartier animé de Bellavista pour son côté festif et ses maisons colorées, et celui de Bellas Artes pour son air bohème.
  4. El Cerro Santa Lucia, petit bout de vert avec mirador au milieu de la ville. Hyper mignon et parfait pour un pique-nique.
  5. Le musée de la Memoria relatant la terrible période qu’a connu le pays sous la gouvernance de Pinochet. Incontournable. Sur le même thème, je recommende le film « No » qui parle de la campagne menée contre Pinochet en 1988. Un film au top (malgré la musique de ladite campagne qui nous reste en tête pour au moins une semaine. Je vous aurai prévenu).

La vue de Santiago depuis le Parquemet.

Dans le quartier de Bellas Artes.

La plaza de la Moneda.

Quartier de Bellavista.

Le cerro San Cristobal.

Depuis le cerro Santa Lucia.

À force de blabla et de photos, nous voilà au jour J de Noël. Un Noël à la mer, ça vous dit ? (Je sais, Noël, c’était l’année dernière, mais il y a un décallage horaire de 3 semaines ici…). Je prends ça pour un oui.

Feliz Navidad

2h de bus plus tard, nous voilà au meilleur Noël du monde avec mer et sable fin.

Enfin, presque. En réalité, le réveillon du 24 décembre à Viña del Mar ressemble un peu à ça :

  • Des retrouvailles ratées avec un Américain rencontré à El Chalten en Argentine, avec qui il est prévu de passer quelques jours ensemble, étant dans la même région pour les fêtes. Il a rasé sa barbe, je porte des lunettes de soleil. On se croise sans le savoir à l’hostel, mais comme on ne se reconnaît pas mutuellement, on se rate la majeure partie de la journée. Ça commence bien.
  • Au dîner spécial reveillon organisé par l’auberge de jeunesse, la moitié de la table se contrefiche de Noël (tant mieux pour eux).
  • L’autre moitié est sur whatsapp (j’en fait partie).
  • Le vent de l’océan (=froid) est à table dans les deux camps (je précise qu’on dîne dans une cour extérieure). Et là, sous trois couches de pulls, on commence tous à ressembler au Père Noël.
  • Une autre moitié (oui, une troisième), a envie de sortir pour festoyer.
  • La ville est déserte, aucun bar/restau n’est ouvert, normal, tout le monde est en famille. Pas de fiesta ce soir. Pour les couche-tard, ce sera jeu de Uno et dodo.

Heureusement, le 25 décembre sera plus sympa : sortie à la plage, restau et soirée. Le combo classique de cette ville balnéaire. Allez, venez, partons plutôt pour Valparaiso, c’est à 15 minutes en bus, même pas, il y a sûrement plus à faire, tout le monde dit que c’est beau et coloré.

Explosion de couleurs et de street art

Les photos seront plus efficaces que moi pour évoquer l’enchantement pétillant et artistique qui règne à Valparaiso (un tour de street art sera d’ailleurs dispensé à cette même adresse internet sous peu). Pour résumer : ce sont des rues entières de maisons colorées et de street art qui tombent face à l’océan. De quoi offrir aux passants, un authentique et surprenant musée à ciel ouvert.

Si l’appareil photo ne sait plus où donner de la tête, il faut néanmoins être prudent. On nous dit plusieurs fois de ne pas aller ici, de ne pas sortir de matériel là (en même temps, mon ami américain a un appareil plus grand que mon sac, ça n’aide pas).

Le 30 décembre (comme ça, vous avez tout le détail), l’hostel où je déménage m’annonce qu’ils ont pris plus de réservations qu’il n’y a de lits. Sympa. Me voilà envoyée dans les hauteurs de la ville dans un hostel de secours, des amis à eux. Je prends ça pour un signe et m’exile vers le nord du pays, dernière étape du Chili : San Pedro de Atacama. À la place d’un Nouvel An avec feux d’artifices, ce sera un Nouvel An avec pluie d’étoiles. Ça me va.

Prospero año y felicidad (à San Pedro de Atacama)

24 de bus… avec vue panoramique (1ère rangée, 1er étage), ça change tout. On passe des montagnes à la plage, des plaines aux merveilles du désert, le tout en avant-première.
J’arrive à 19h, pile poil pour le réveillon, dans la ville de San Pedro de Atacama, petite, mais drôlement animée. L’hostel a prévu un diner festif avec empanadas, musique et… accessoires festifs. Au top.

À 23h59 (nous avons affaire à 2 retardataires pour le prix d’1), je retrouve une Hollandaise pétillante rencontrée à Valparaiso pour aller célébrer 2018 dans l’une des deux grosses soirées de la ville. On assiste a la mise en feu de « los muñecos » (bonhommes en toile que l’on brûle a minuit), tradition de fin d’année sur le continent, puis, place à la musique et à un DJ à ciel ouvert.
C’est jour de pleine lune, je ne sais pas si les loups garous sont quelque part, en tout cas, sur la piste de dance (je ne sais pas si dancefloor est moins ringard que piste de danse, mais je n’ai pas trouvé mieux), au fil des heures, on observe bel et bien plusieurs types de mutations…

En parlant de la lune

La lune ou les étoiles, il faut choisir

À San Pedro de Atacama se trouve le plus grand observatoire astronomique mondial. En effet, les conditions météorologiques permettent d’y admirer l’un des plus beaux ciels étoilés sur terre. Ciel expliqué et détaillé par un guide si l’on choisit de faire le tour touristique dédié. Ce tour est l’une des étapes les plus attendues dans mon voyage initié il y a maintenant presque deux mois. Admirer les étoiles me fascine. Ce doit être un truc de rêveurs. Sauf que, je le découvre ce soir du 1er janvier 2018, je suis là pour 3 jours… de pleine lune. Qui dit pleine lune dit zéro étoile. Pas d’étoiles, pas de tour. Il va falloir trouver d’autres moyens d’avoir des étoiles plein les yeux…

El Valle de la Luna (la vallée de la lune)

Nous y voilà. Des paysages lunaires, comme je n’en ai jamais vus. Un doux mélange indescriptible d’immenses rochers, de dunes et de sable qui laissent bouche bée. Sublime.

Cette beauté naturelle arrive ex-aequo avec les Geysers d’El Tatio, plus grand site de geysers de l’hémisphère sud. J’ai beau être en mode frigo la première heure (il est 5h du mat’, il fait -8 degrés et je porte un pauvre anorak décathlon), ces dizaines de cheminées sortant de terre sont l’un des plus beau spectacle naturel auquel j’ai jamais assisté. Dites-moi si je me répète 😉

Histoire de boucler la boucle d’un début 2018 en toute beauté, il y a aussi, dans le top 3, las Piedras Rojas et les lagunes altiplanicas avec flamants roses, mini désert de sel, lagunes et petits villages. Pas d’étoiles, mais je suis sur un petit nuage.

Madame tête dans la lune

C’est justement en admirant un paysage le tout dernier jour de mon séjour à San Pedro de Atacama (et de mon séjour au Chili), que je laisse bêtement tomber mon téléphone. Celui-ci (qui me sert également d’appareil photo), s’écrase sur le sol, vire au violet, puis au noir, et décède dans la nuit du 4 janvier. Paix à son âme.
Un an jour pour jour après m’être fait voler le même modèle dans le métro parisien, me voilà dépourvue d’appareil photo pour le road trip de 3 jours à Uyuni en Bolivie, qui m’attend le lendemain. La loose totale.
Ce constat entraîne un moment de mini dépression suivi d’un achat instantané du seul appareil photo que je déniche en ville. Je ne m’en apercevrai que le lendemain, mais le malheureux ne correspond pas à la notice, me parle en chinoix et ne marchera jamais.
Mais ça, c’est une autre histoire…

Fin du chapitre Chili

Deux choses pour conclure :

1. Être dans ce pays longiligne était la plus jolie façon de finir 2017 et de commencer 2018. Bon, on est passé du froid au chaud, puis très vite, du chaud au froid (et on a dépensé plus que prévu, ça aussi, ça refroidit un peu), mais pour l’incroyable diversité de paysages, le côté authentique des Gauchos du sud, les nuances de bleu et de vert, les lacs, les volcans, les couleurs de la côte Pacifique, le désert au nord et la sympathie des Chiliens, ce mois était parfait.

Allez, une dernière photo mémorisée par mon Samsung ma Gopro sur le territoire chilien :

2. Nous sommes donc au paragraphe 5 (bravo, vous avez bien poireauté) (si vous n’avez pas lu, vous avez au moins compté), endroit parfait pour vous souhaiter une merveilleuse année 2018, douce et colorée, à vous et à vos proches (téléphones portables compris 😉 .

Abrazos !

Commentaires (4):

  1. Rodr

    15 janvier 2018 at 23 h 14 min

    Les photos sont magnifiques!😘💜et me donnent l’impression d’y être un peu , beaucoup, passionnément 👩‍❤️‍💋‍👩

    Répondre
    • Dessinatologue

      16 janvier 2018 at 13 h 46 min

      🛫🌎💭❤

      Répondre
  2. Rodriguez

    16 janvier 2018 at 8 h 04 min

    J’adore

    Répondre
    • Dessinatologue

      16 janvier 2018 at 13 h 41 min

      💛

      Répondre

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