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Illustration & travel stories

Il était une fois, Colombia

Vous qui aimez qu’on vous raconte des histoires (sinon, vous ne seriez pas ici ;), j’en ai une toute fraîche pour vous. D’ailleurs, celle-ci est un peu particulière car elle vient tout droit du 💚…

L’histoire commence sous les tropiques. Au milieu des bananiers qui dansent, des hamacs avec vue sur les Caraïbes, des plantations de café, des palmiers géants, de la jungle amazonienne, des sommets andins enneigés, d’un air Pacifique et d’un soleil joyeux qui surveille de près cette beauté exotique.

Comme toutes les histoires, celle-ci commence bien (si vous n’aimez pas les palmiers, on peut s’arranger, voici une photo, pour vous faire changer d’avis)(même si vous n’aviez pas besoin de changer d’avis car vous aimez déjà les palmiers).

Bien entendu, comme toutes les histoires, il y a ce détail qui entache le décor de rêve. Ce détail, qu’il va falloir combattre pendant tout le récit (oui, on veut tous des happy ends), et qui arrive plus ou moins vite dans la narration, au bon vouloir du conteur. Comme je vous sens impatients, et que ça commence déjà à être long, le détail en question va arriver très vite, juste le temps que vous comptiez jusqu’à 3 (si vous arrivez à lire et à compter à la fois) et avant même que vous ayez pu vous baigner dans le décor ci-dessus. Désolée. Vous pourrez vous tartiner de crème solaire en attendant (et réaliser que plus de trois secondes sont passées).

Nous sommes dans les années 80 et le climat a beau être tropical, il est aussi (et surtout) violent et sanglant. En résulte un champ lexical fort sympathique. Les médias parlent de « meurtres », de « cartels de drogue », de « kidnapping », de « guérilla » et de « victimes ». Medellin est, dans ces sombres années, « la ville la plus dangereuse du monde » (plus trop envie de vous baignez tout d’un coup ?)(de toute façon, il n’y a pas la mer à Medallo). Un triste tableau, difficile à contester puisqu’il est le simple reflet de la réalité. C’est mal parti pour le conte de fées.

Histoire de frôler le pathos, remettons-en une couche avec le casting. Les personnages principaux ne sont pas des gentils (certains font des millions avec la poudre blanche, d’autres sont corrompus, certains sont payés pour tuer, d’autres pour donner l’ordre de tuer – tristes métiers), mais ce sont eux qui font la loi. Nombreux sont les gens biens qui s’opposent à ce régime (ils sont politiciens, avocats, journalistes, étudiants, pères/mères de famille ou citoyens, tout simplement), et qui sont vite évincés du décor. Quant aux figurants, ils pâtissent un peu de la situation. À l’étranger, on les associe sans cesse à Celui Dont Il Ne Faut Pas Prononcer Le Nom. Sur place, des centaines d’innocents vivent dans la peur. Ah la peur. Une arme de guerre bien rentable. Faibles coûts, grande efficacité. Ça ferait un bon synopsis pour une série policière tirée d’une histoire vraie. C’est Netflix qui l’a dit (avec ses trois saisons addictives sur ce sujet)(addiction accessible à 7,99€ par mois). Bien vu. La série fait un carton et au passage, elle fait le plus grand bonheur des habitants du pays concerné (ils adorent le cliché dans lequel on les a enfermé)(sans parler du film Pablo qui vient de sortir)(décidément).

Voilà 40 lignes que je vous parle sans prononcer le nom du pays car : 1. Il est caché dans le titre (pas besoin de moi pour le deviner). 2. J’attends impatiemment d’arriver au dénouement des tragiques événements pour vous le présenter tel qu’il est aujourd hui. Grandi, assagi, pacifié. Quelque chose me dit qu’il a plus de chances que vous plaire ainsi.
Ça sent l’approche du dénouement de l’histoire…

En effet, nous y sommes. Cependant, ledit dénouement prend son temps. Imaginez que de longues années et au moins deux décennies passent dans cette phrase (années raccourcies ici en quelques lignes pour que vous puissiez enfin aller vous baigner). D’abord, Shakira se teint en blonde et devient connue au niveau mondial, des mesures de sécurité renforcées sont mises en place. La violence s’apaise, le conflit avec les Farcs s’achève après 50 ans de vie commune, l’ancienne ville du crime devient la ville la plus innovante, le président reçoit le prix Nobel de la Paix, et cerise sur le gâteau, James et son équipe font un beau parcours à la Coupe du monde 2014 (oui, ça compte). La totale.

Il en découlent une bonne et une mauvaise nouvelle.
La mauvaise en premier (c’est la règle), concerne l’énorme chantier des choses qu’il reste encore à changer. La violence, la pauvreté, les inégalités sociales, la production de substance autre que du café. Des mots nettement adoucis, mais toujours d’actualité. Il va falloir dédoubler d’effort. On y croit. Les Colombiens (on est sur le point de prononcer le nom du pays) sont des optimistes obstinés. Ça peut marcher.

La bonne nouvelle : une mauvaise réputation qui se mue peu à peu en… avis positifs, en coups de coeur, en tourisme. Et ça, ça change TOUT. On a beau faire comme si on se fichait de l’avis des autres, mensonge. Il fait toute la différence. Par exemple, maintenant, quand je dis que je suis (Franco-)Colombienne (j’aime bien balancer les infos clés à la fin)(ça s’appelle un montage décousu – vive les flash-back), on me dit : Réponse A) J’y suis allée. Réponse B) Je vais y aller. Réponse C). J’ai un ami qui y est allé. Réponse D) J’ai un ami du cousin de la copine du gendre de la voisine qui y est allé… Enfin quelqu’un quoi. Avant, il n’y avait personne. Parfois, les réponses commencent même par un grand sourire et finissent par un : « j’ai adoré » (ou : « l’ami du cousin de la copine… » a adoré). Ils ont aimé l’authenticité, la gentillesse des habitants, la vie en musique, la diversité des paysages, leur beauté, les couleurs, le désordre ordonné, les sourires.

Dingue. Oui, parce que, la Colombie, c’était la destination de voyage sur liste rouge, blacklistée par les Ministères étrangers. L’endroit maudit où il ne fallait pas mettre les pieds.
Heureusement, comme toutes les modes, les endroits les plus craints deviennent un jour des « The place to be ». Comme toutes les modes, au départ, la nouveauté est adoptée avec prudence, timidement. Mais comme toutes les modes, plus y a d’adhérants, plus la tendance s’affirme (ceci est un message pour vous dire qu’il y a encore beaucoup de place pour sur la liste d’inscription, au cas où vous voudriez entrer dans la danse et faire passer le mot 🙂

En attendant que vous vous décidiez, je peux vous concocter une bande d’annonce répartie en plusieurs épisodes. Car après l’Argentine, le Chili, la Bolivie et le Brésil, me voilà en Colombie. Et quitte à avoir fait tout ce chemin, je compte bien vous y embarquer 😉
On a qu’à se donner rendez-vous la semaine prochaine, même jour, même heure, même lieu.
On ira peut-être ici :

Ou  là :

Ou là-bas :

Et qui sait, vous allez peut-être aimer 🙂

Commentaires (4):

  1. So7

    13 mars 2018 at 7 h 33 min

    Et bien moi je connais une franco colombienne que j ai adorée…c est déjà bien non? Une bise de la Gare du Nord…direction douai, pour te rappeler des souvenirs 😉 (oui je fais comme toi les smileys maintenant !!!). Profites bien de ton séjour retour aux sources !!!

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    • Dessinatologue

      14 mars 2018 at 21 h 50 min

      Danke schön Alexandra 😊 !! Oh Douai ! 👌 Sache que pense souvent à vous et suis d’ailleurs ravie de voir que les salles ont pris de la couleur 💥

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  2. Virginie

    14 mars 2018 at 6 h 58 min

    Magnifique Dianita, j’ai un ami d’un ami de mon cousin… Euh non rien, juste très beau résumé qui vient du cœur. Profite, profite ! (Et reviens nous un de ces jour quand tu en auras marre du soleil, des palmiers… oh non, tu ne reviendras pas c’est ça ?! 😘)

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    • Dessinatologue

      14 mars 2018 at 21 h 55 min

      Ahaha 😅 Merci ma V ! 💙 Héhé, si, je finirai bien par revenir 😉 mais par contre je ne me lasserai jamais des palmiers. Jamais. Du coup, je crois que j’en achèterai un. Dans la même logique, je me demande combien ça coûte un soleil 🤔 mais ce sera sûrement plus compliqué 😉 Plein de besos et de xoxo V 😉

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