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Illustration & travel stories

Sud du Chili, Carretera Austral & other stories

Pour célébrer cette fin 2017, je vous offre un voyage virtuel au sud du Chili (quelle preuve de générosité).
Le bon est valable pendant un mois (rythme calé sur la digestion des festivités, le temps des voeux de bonne année et la galette des rois). Afin de l’activer, facile, il vous suffit de lire la suite 😉

De l’Argentine au Chili

C’est plus facile de voyager au Chili… en étant au Chili (pour rappel, on est toujours à El Chaltén, en Argentine). Dans ce cas, allons-y.
La transition de pays démarre au Lago del Desierto (lac du désert), qui porte bien son nom puisqu’il n’y a… personne (à part nous et le capitaine). Pareil pour le treck de 2h30-3h00 qui suit, et à l’issue duquel la frontière se traverse tout naturellement, comme ceci :
Oui, moi aussi j ai trouvé ça chouette.
La suite l’est tout autant puisqu’après être montée à bord d’un 4×4 (histoire d’économiser 15km de marche et une nuit dans la nature), place au gigantesque lac O’Higgins, d’une incroyable couleur… bleu piscine.
J’en étais sûre.
Bleu piscine, ça ne vous fait pas rêver. Ça, c’est à cause de la phobie du bonnet de bain, de l’odeur du chlore, du maillot une pièce ou du caleçon qui colle. Pourtant, imaginez que la couleur d’une piscine existe en pleine nature. Si, promis, c’est impressionnant (le bleu des lacs en Patagonie me paraît unique de façon générale). Allez, une photo pour vous convaincre.
Et une deuxième pour mettre toutes les chances de mon côté :
Au fait, j’espère que vous appréciez le paysage car on en a pour 3h (en réalité, j’espère que vous l’appréciez car une fois de l’autre côté, ce sera le début des problèmes).

Bienvenue à Villa O’Higgins

Villa O’Higgins est le village qui clôture la Carretera Austral (route mythique du sud du Chili traversant la région des lacs en Patagonie). Pour aller encore plus au sud (Puerto Natales, Torres del Paine), il faut voler ou prendre un ferry (ou nager). Ce village (le moins peuplé de la région) est donc, d’une certaine façon, le dernier lieu au sud accessible par voie terrestre .
En chiffres, ça donne : 60 habitants, 4 rues, 4 vaches et, surprise, 0 distributeur automatique. Le plus proche est à seulement 235 km de là, soit à 8h de route (la Carretera Austral n’est pas goudronnée, même les petites distances sont loooonnngues). J’ai eu la bonne idée de liquider presque l’ensemble de mes pesos argentins (enfin… c’est ce dont je suis persuadée), de fait, je n’ai ni de quoi payer l’hostel ni le bus. Seule bonne nouvelle : l’épicerie du village accepte le paiement par carte bancaire, je peux donc au moins manger.
Dans cette même épicerie, je fais la rencontre improbable de sympathiques Chiliens ayant loué une cabane dans mon hostel. Une coïncidence qui m’amènera à y passer pour l’apéro (ils ont l’air sympas), à y rester finalement pour le diner (un BBQ chilien, c’est tentant) et à accepter la proposition d’y être hébergée à titre gratuit (solution de secours). Première entorse à mon règlement intérieur « ne pas dormir chez des inconnus ».
Histoire d’être complètement hors la loi (en réalité, je suis, intérieurement, complètement paniquée), je désobéis à un autre alinéa de mon règlement intérieur le lendemain matin : « ne pas faire de stop ».
Pour ma défense, plusieurs arguments : 1. Je n’ai qu’une envie, quitter ce village. 2. Je n’ai pas d’argent pour me payer un bus. 3. Le conseil unanime reçu  (et ce, depuis l’Argentine), est de remonter cette route en faisant du stop (solution plus que courante dans la région en raison de la faible fréquence de transport public).
Finalement, ledit règlement intérieur n’est omis qu’à moitié puisque la tentative de stop est un vrai échec.
Plusieurs explications : 1. Je ne lève le pouce que lorsque je pense pouvoir faire confiance aux conducteurs (ce qui n’est visiblement pas réciproque). 2. Mon visage effrayé parle sûrement pour moi-même (on y lit : « ne me prenez pas, »). 3. On est dans le village le moins peuplé de la région, les voitures défilent donc au compte-goutte. 4. Je n’y reste qu’une demi-heure (entre 8h et 8h30, heure à laquelle la majorité des véhicules quittent le village).
L’échec pousse néanmoins à la réussite. Celle-ci consiste à trouver un moyen in extremis de prendre le bus (fini le stop, à tout jamais). Place aux négociations directement avec le chauffeur pour payer mon voyage en fin de course (dans ce village miraculeusement équipé d’une banque). Deal accepté. À moi le distributeur automatique. Je suis sauvée.
Précisons que je retrouverai, par hasard, 3 jours plus tard, suffisament de pesos argentins cachés dans une poche secrète  (jadis, on m’avait conseillé de répartir le cash a plusieurs endroits) qui auraient largement suffi à payer l’hostel, le bus et même la semaine qui suit.
Morale de l’histoire : céder à la panique n’est jamais la meilleure solution. Oublier que l’on a caché de l’argent non plus. Ça fera de bonnes résolutions 2018..

Bienvenue au Chili

Avec ces 1ères péripéties, on en oublierait presque d’évoquer l’essentiel : les 1ères impressions.
Pour dynamiser un peu les lignes continues de ce paragraphe et le rendre plus expressif, je propose d’insérer une liste à puces, bam, ni vu ni connu :

》 À propos de la Patagonie chilienne

Et bien… Chilien ou Argentin, peu importe la nationalité, ce qui compte, c’est de faire partie de la même région, la Patagonie. Une identité commune des deux côtés de la frontière qui expliquent pourquoi les Chiliens d’ici partagent de nombreuses coutumes avec leurs voisins argentins, comme le maté ou les barbecues par exemple. Voilà pour la culture G.

》 À propos de l’architecture

L’apparence physique des maisons a quelque chose de très authentique, leur intérieur quelque chose de très rustique (je n’ai pas de photo des salles de bain ou des murs mais ça aurait été intéressant). Un côté chalet, une touche colorée et un style très à l’ancienne qui a beaucoup de charme. Images :

Puerto Rio Tranquilo

Villa O’Higgins

》 À propos de la météo

Elle est indécise, change d’avis 5 fois par jour et semble avoir une nette préférence pour les températures basses et un vent puissant. En d’autres termes, elle et moi, on ne s’aime pas trop.

》 À propos du langage

C’est que les Chiliens utilisent des expressions bien à eux. Parmi les plus notables : Catchai (tu comprends), al tiro (tout de suite), sipo au lieu de si (oui). Pour les placer dans une conversation en espagnol, avec des Chiliens, bonne chance.

》 À propos de l’ambiance

Ici, on se sent un peu au bout du monde, mais on se sent aussi en sécurité et bien accueilli. Les rencontres sont peu nombreuses (vis ma vie de village) mais suffisantes pour percevoir la gentillesse des habitants et leur curiosité envers les touristes étrangers qui défilent ici (la région n’étant pas très fréquentée et les principaux touristes sont Chiliens).

Remonter la Carretera Austral

Pour en revenir à l’itinéraire et aux phrases linéaires, je propose que les escales de Cochrane, Cohayque et Puerto Cisnes passent leur tour. Sinon, on en a pour une semaine entre l’attente du prochain bus (qui ne passe que 2 à 3 fois par semaine), les trajets à fortes secousses sur des routes non bétonnées (les bus sont tous atteints de la maladie de Parkinson) et les activités reportées au lendemain pour cause de vent (histoire de te rappeler qui est-ce qui commande).

1ère étape et best-of n°1 : Caleta Tortel

« Le village sans rue ». C’est ainsi que plusieurs Chiliens me l’ont vendu. En réalité, c’est surtout un village sur pilotis, composé de maisons reliées par des ponts en bois. Le tout au creux des montagnes et au bord d’un lac marécageux d’un joli bleu Pantone 636 (pour changer). Un charme fou. J’adore.
 

Puerto Rio Tranquilo

Depuis ce village, on accède en barque aux Capillas de Marbol (chapelles de marbre) : colonnes et grottes de marbre naturel sculptées par le vent et l’eau douce du lac Lago Gral Carrera. Autre point notable : l’eau turquoise (mais le préciser devient inutile je crois ;).
 

L’île de (Robinson) Chiloé

Il y a beaucoup à faire, à découvrir et à manger sur la jolie île de Chiloé. Celle-ci est riche en fruits et légumes (lesquels sont incroyablement rares plus au sud), en poissons (et en fruits de mer), en palafitos (maisons colorées sur pilotis), en paysages verts (merci la pluie), en églises en bois (inspirées des bateaux), en artisanat local (a base de produits naturels), en façades à écailles (très authentique) et en légendes.
Les légendes expliquent avec féerie la météo capricieuse de l’île, constatée en live. Un habitant me dira (en m’annonçant la fermeture du port pendant 3 jours – adieu la rencontre avec les pingouins), « s’il ne pleuvait pas autant, l’île ne sera pas aussi belle et aussi verte ». Soit. Pas d’autre option que de poursuivre la route vers le nord, à la recherche du soleil.
Mais ce serait trop simple de partir sans aucun autre élément perturbateur que la météo.

Un dernier pour la route

Alors que je me balade paisiblement dans les beaux quartiers d’Ancud (ville au nord de l’île) pour occuper les 2h qu’il me reste avant de prendre le bus (et que je mets, sans le savoir, les pieds dans une propriété privée), un chien se jette sur moi, avec toute l’agressivité que lui inspire ce délit. Première morsure de chien de ma vie, premier risque sévère de crise cardiaque. Tout ça pour une fichue photo de bord de mer.
Comme j’ai le même niveau en  médecine qu’un enfant de 3 ans, que mon bus s’apprête à partir et que je n’ai pas internet, j’ai 5h devant moi pour me demander si je suis désormais contaminée par la rage et si je vais mourir là, dans le bus ou dans les jours qui suivent.
Je sens déjà la maladie s’inflitrer dans ma jambe droite, du coup, je profite de deux signaux wi-fi pour écrire à ma mère (on ne sait jamais) et à mon médecin traitant (instinct de survie).
Verdict : 1. C’est un chien domestique. 2. Le Chili n’est pas concerné par la rage. 3. J’ai juste une mini plaie (le froid m’avait poussé à porter deux pantalons,  merci la météo finalement). 4. Il faut juste surveiller la plaie. On en revient aux résolutions 2018 : ne pas céder a la panique (bis)(et accessoirement, éviter de prendre des photos chez l’habitant).
To be continued… (le temps de nous rendre en 2018 justement 😉
En attendant : très belle fin d’année 🎉

Commentaires (12):

  1. Martha Rodriguez

    29 décembre 2017 at 11 h 02 min

    Extraordinario! me haces soñar preciosa hija mia!

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    • admin5565

      29 décembre 2017 at 11 h 03 min

      🤗❤🏞

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  2. Manuel

    29 décembre 2017 at 23 h 22 min

    Me gusta como tú escribes ! 😘

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    • admin5565

      30 décembre 2017 at 13 h 44 min

      😊😘😘😘

      Répondre
  3. Virginie

    31 décembre 2017 at 11 h 26 min

    Coucou D, j’espère que tu as survécu !! Magnifique aventure, tes talents de conteuse et dessinatrice ont été superbement mis à profits. A quelques heures du passage à 2018, je te dis XOXO

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    • admin5565

      7 janvier 2018 at 19 h 41 min

      Oh! Merci V 💙😊 ! Oui, toujours en vie 😉 J’espère que tout roule pour toi ? Bonne année à toi aussi! xoxo x100 😉

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  4. Sandra

    6 janvier 2018 at 7 h 27 min

    Ton humour est juste fabuleux ! Je mdr à chaque nouveau post 😂 Argh le chien😰

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    • admin5565

      7 janvier 2018 at 19 h 46 min

      😂😘 !! Merci mia Sandrita ! Oui, l’attaque du chien aurait vraiment fait un bon vidéo gag 🙈 Abrazos amiga !

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  5. Juan

    6 janvier 2018 at 13 h 30 min

    Feliz año!
    et bonne suite

    Répondre
    • admin5565

      7 janvier 2018 at 19 h 47 min

      Gracias 😊 Feliz 2018 par vos tambien ! Los mejores deseos !

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  6. Marion

    7 janvier 2018 at 12 h 44 min

    Waaa quelle aventure!! Jespere que ta jambe va mieux !! Les photos sont sublimes et donnent envie (sauf ta description du climat qui elle ne fait pas rêver). Les règles sont faites pour ne pas (toujours) être respectées 😉 cuidate ma belle

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    • admin5565

      7 janvier 2018 at 19 h 51 min

      Merci Marion ! Oui, ma jambe va mieux haha, et je confirme, la météo n’était pas au beau fixe dans le sud 😉 Bonne année miss ! 2018, ça promet 😉

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