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Illustration & travel stories

The island

Ce post [faire comme s’il n’avait absolument aucun retard] pourrait commencer par l’infatigable question : « Qu’emmèneriez-vous dans votre valise sur une île déserte ? ».
La différence est que cette fois, l’île déserte est bien là. Et la réponse, aussi. Une réponse bien chargée, sans boussole, ni briquet, ni couteau suisse.
Trop prévisibles.

1 île, 2 fiancés et 20 copains

1ère chose, l’île déserte s’appelle Tintipán, elle se trouve sur la mer des Caraïbe colombienne et est accessible depuis Cartagène.

2ème chose, elle n’est pas complètement déserte, mais comme on a un bout d’île rien qu’à nous, c’est comme si.

3ème chose, il s’agit d’un EVJF cumulé à un EVG (soyons fous), il fallait donc un peu plus d’excentricités qu’une boussole, un briquet et un couteau suisse. Les futurs mariés ont donc embarqué : deux catamarans (on ne se refuse rien), 20 trentenaires (de 6 nationalités différentes), des enceintes de pointe (pour les DJs et leur public), quelques masques et tubas (histoire de revoir Le monde de Nemo en live), des protéines pour 3 jours (c’est qu’il faut bien nourrir ce beau monde), beaucoup d’eau (et beaucoup d’alcool).

Maintenant que vous avez la liste des ingrédients, c’est fastoche. Laissez mijoter pendant un long week-end (le temps que tout le monde se rencontre, plonge dans l’eau chaude et cristaline, fasse du snorkeling, mange du poisson grillé et du riz à la noix de coco, festoie longuement, danse jusqu’à l’aube, dorme sur les hamacs, joue dans la piscine, s’émerveille en groupe face au sunset et rate le lever du soleil chaque matin).
Laissez refroidir et servez bien frais (il y a des glaçons dans le congélo)(ça donnera un peu de fraîcheur aux visages fatigués).

N’ayant pas les crédits photo de la joyeuse population de l’île et ni de sa maison enchantée quadrilingue, vous n’avez droit qu’aux paysages (ça vaut quand même le coup).

Profitez-en pleinement pour savourer les bienfaits de ce bout de paradis, parce qu’au retour (vers Cartagène), on va moins faire les malins.

Les survivants du week-end

À propos du trajet « aller » sur l’île :

– Durée : 2h30. Soit deux heures et trente minutes qui passent très très vite, puisque tout le monde est heureux.

– Vitesse : rapide. On surfe littéralement sur les vagues. Âmes sensibles (au mal de mer), s’abstenir.

– Ambiance : déchaînée.

– Température ressentie : caliente.

– Musique : tout ce qui bouge, à fond. Même les anti-reggeaton s’y font.

– Nourriture : rien car un déjeuner de rois nous attend sur l’île. En attendant, on préfère s’hydrater.

– Boisson : aguardiente (alcool traditionnel colombien – fort en anis et fort tout court).

– Vu : 3 sombreros tout neufs s’envoler sous les yeux de leurs propriétaires. Même pas mal.

À propos du trajet « retour » :

– Durée : 8h. Trois fois et demi plus long qu’à l’aller (une fois sur l’île, l’un des deux moteurs du catamaran a rendu l’âme, devinez la suite)(bon, allez, je vous la raconte).

– Vitesse : extrêmement lente. Prière de lire ces deux mots en détachant chaque syllabe pour comprendre la dose de ralentissement imposée.

– Ambiance : silence de mort.

– Température ressentie : 40 degrés. Au moins. En tout cas, il fait terriblement chaud. Il n’y que 2 mètres carrés d’ombre sur le bateau. On est 15.

– Musique : en mode pause. Les passagers veulent souffrir en silence.

– Nourriture : rien. Pas même une petite chips qui traine.

– Boisson : panique, il ne reste plus beaucoup d’eau. D’ailleurs, en regardant les êtres humains présents à bord, on mesure vite le taux de déshydratation physique et mentale qui règne ici.

– Vu : pas grand chose. C’est ce qu’il arrive quand on se couvre d’un paréo de la tête aux pieds. Ou quand on a hâte d’arriver. Au choix. Ou les deux.

J’ai donc une autre recette culinaire pour vous. Mettez 15 fêtards qui ont soif et faim sur un catamaran. Dites-leur que vous arrivez à Cartagène pour le déjeuner. Ajoutez un mouvement de vagues très prononcé, idéal pour remuer les maux de crâne. Laissez le capitaine annoncer qu’il va prendre un itinéraire bis dont le courant de l’eau est plus sage. Le voir perdu, 2h plus tard. Observez les passagers paniquer en silence. Écoutez ce silence (même silencieux, il s’entend fort). Écoutez le repas dont chacun rêve, là, tout de suite. Écoutez les plus anxieux s’imaginer le pire, avec un bateau qui tombe à sec au milieu de la forêt océane colombienne.
Quand soudain, une barque. Une barque et un pêcheur. Le sauveur. C’est lui qui les mettra sur la bonne route, vers ledit itinéraire bis (une rivière bien cachée).
Dès lors, il ne leur restera plus qu’à être patients (ou à dessiner).


2h plus tard, à 20h, les voilà à Cartagène prêts a manger le meilleur (et le plus attendu) burger de leur vie entière.
Le point positif, c’est que ce « raccourci » leur aura permis d’admirer la végétation dense au milieu de l’océan.

Et un coucher de soleil de plus (sur Cartagène).

Bon, le vrai point positif, c’est que tout est bien qui finit bien.

Les mariés vont pouvoir se marier. Les invités aller au mariage. Et vous, poursuivre le chemin vers le carnaval de Barranquilla… (oui, c’était en février)(le blog vient donc d’atteindre un record de retard de 2 mois).

En parlant de carnaval, le défilé est accessible depuis ce lien hypertexte, qui est en réalité un bon raccourci pour ne pas avoir à prendre de bateau..

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